Notre patrimoine

La commune possède sur son territoire de nombreux éléments qui peuvent être classés dans le petit patrimoine public du Kochersberg : des croix rurales, les murs des cimetières et des églises, les croix et crucifix dans Stutzheim et Offenheim.

La municipalité invite les particuliers à découvrir et préserver ce petit patrimoine : murs en grès, portes cochères, croix rurales, inscriptions dans les colombages, etc.

 

150 ans de l'église de Stutzheim

Nous célébrons aujourd’hui, à l’occasion de la fête patronale Sts Pierre et Paul, le 150e anniversaire de la reconstruction de cette église de Stutzheim. Une première chapelle existait déjà ici en l’an 1154 ; elle appartenait aux moines de l’abbaye de Schwarzach dans le Pays de Bade. La décision d’agrandir cette église fut prise en 1866. L’ancienne était non seulement en mauvais état mais aussi trop petite pour accueillir la population des deux villages lors de certaines fêtes. Les fidèles étaient serrés les uns contre les autres par manque de place à tel point que cela a occasionné des altercations très vives, et même des rixes qui ont donné lieu à des poursuites judiciaires. La commune n’ayant pas beaucoup de moyens, 4000 francs de budget annuel, le curé Aloyse Buntz, avec l’accord du conseil municipal, a ouvert une liste de souscription dont le produit atteignait la somme de 20 000 francs. Les habitants se sont engagés à participer aux travaux : transports des matériaux, des pierres, du bois, de la chaux, ce qui économisa 5 000 francs. En y ajoutant encore le prix de revente des matériaux de la démolition évalué à 1 600 francs, on arriva à des ressources totales de 26 600 francs. Une commission des travaux fut constituée avec le maire André Quirin, son adjoint Jacques Lorentz, le président du Conseil de fabrique M. Wack et des artisans et agriculteurs du village. La maîtrise d’ouvrage fut confiée à l’architecte Jéhu.

150 ans eglise stutzheim1

La première église était initialement orientée Est-Ouest, avec l’entrée côté Ouest. La nouvelle entrée se fit par un porche, situé à l’Est côté place, ce qui a permis d’avoir un plus grand parvis dont nous profitons encore de nos jours. Le cimetière fut transféré à la limite du village. Les travaux ont été menés à un rythme soutenu. En moyenne, 6 à 10 maçons, ainsi que des manoeuvres du village étaient à l’oeuvre sur le chantier où travaillaient aussi les tailleurs de pierre. Et tout cela à la force des bras ! La croix de la flèche fut fabriquée par Antoine Halbwachs, forgeron à Stutzheim.

150 ans eglise stutzheim2En 1869, un maréchal de l’armée française, de passage à Stutzheim, fit un don à la paroisse de 2 000 francs. Napoléon III fit cadeau, en 1870, d’une garniture d’autel (crucifix et chandeliers) en laiton doré, que nous avons posés pour l’occasion sur le tabernacle. Puis en 1870 la guerre fut déclarée précipitant la fin des travaux, ce qui explique l’absence de statues dans les niches à l’extérieur. Après l’annexion de l’Alsace au Reich, le fils de l’empereur Guillaume Ier, également de passage à Stutzheim, fit lui aussi un don de 2 000 Marks à la paroisse. L’autel, les autels latéraux, le baptistère, furent acquis par la suite. Ce mobilier d’occasion a été récupéré dans différentes églises qui voulaient s’en défaire. En revanche, ce superbe lustre fut offert en 1901 par la famille Quirin.

Depuis, l’église a été rénovée à plusieurs reprises : en 1956 et en 1984. Puis en 2012, d’importants travaux furent entrepris par la commune, dont les 2/3 du montant furent payés grâce à un legs de la famille Diebold. Je salue la présence de Thierry Herr, artiste peintre, qui a mené la restauration du mobilier.

Nous célébrons aussi un autre anniversaire : celui de la réunion de nos deux paroisses il y a 230 ans. Par un décret du cardinal de Rohan, en date du 5 mars 1788, la filiale d’Offenheim fut rattachée à la paroisse de Stutzheim. Depuis, à la demande des habitants, les deux communes de Stutzheim et d’Offenheim ont, à leur tour, fusionné en 1976 pour former la commune de Stutzheim-Offenheim.

Lors de sa  dernière visite pastorale dans le secteur, notre archevêque Monseigneur Luc Ravel nous a invités à ouvrir les églises aux jeunes et sur le monde. C’est ainsi que nous accueillons aujourd’hui, en plus de la chorale inter paroissiale que je remercie très chaleureusement, des pompiers volontaires, merci à eux, et le groupe « costumes et traditions », de Patrick Lemmel, en tenue traditionnelle, ce qui donne à cette cérémonie un cachet typiquement alsacien. Je salue et je remercie de leur présence : le sénateur André Reichardt et Madame, notre maire honoraire Jean-Daniel Zeter et Madame, les maires des villages voisins. Merci à la délégation de la commune jumelée d’Offenheim, unsere Partner-Gemeinde in Rhein-Hessen, mit KH Adam, Ehrenburgermeister, und Peter Odermann, Burgermeister, danke für unsere Elsässische/Hessische Freundschaft. Un merci tout particulier à Monseigneur Mgr Paolo RUDELLI, Prélat de Sa Sainteté le Pape François, Observateur permanent du Saint-Siège au Conseil de l’Europe à Strasbourg, merci à monsieur le Curé Rakoto ; merci à tous les prêtres et diacres présents. Merci à Albert Lorentz, le président du Conseil de fabrique, la mémoire de notre paroisse et du village. Je tiens à remercier toutes celles et tous ceux qui sont engagés dans notre paroisse, les membres du Conseil de fabrique, les dames qui s’occupent du fleurissement, celles qui toutes les semaines nettoient et entretiennent ce bâtiment. Merci aux élus, aux choristes, à l’organiste, aux catéchistes, aux servants d’autel, à nos agents municipaux.

Jean-Charles Lambert

Monuments aux morts

Le monument aux morts d'Offenheim

monument aux morts offenheimÀ Offenheim, le projet d’un monument aux morts a pu être envisagé en janvier 1921, avec l’accord du maire Charles Schott. Le curé Paille commença par faire des quêtes à domicile ; les familles se montrèrent généreuses, surtout celles qui pleuraient un disparu. En mars 1923, le curé disposait de la somme rondelette de 12.665 francs de l’époque. Pour ce monument aux morts, le curé se décida pour une Pietà, c’est-à-dire une statue de la Vierge assise, avec le corps du Christ mort déposé sur ses genoux, image par excellence des mères qui avaient perdu un fils durant la guerre. La commande pour la statue et son socle fut passée en avril 1922. Le monument fut livré en août 1922 et coûta 4 600 francs ; il fut installé dans l’enceinte du cimetière devant le Mont des Oliviers. L’inauguration officielle eut lieu le dimanche 27 août 1922. Le curé Paille remercia tous les habitants et les donateurs qui avaient permis la réalisation de ce beau projet et confia le monument aux bons soins de la commune. Dans son allocution, le maire Charles Schott a rendu hommage aux huit victimes militaires du village, et notamment à Joseph Schmittbuhl, conseiller municipal et père de quatre enfants. Sur le socle du monument, une plaque en marbre noir portait, en français et en lettres dorées, les noms des victimes ainsi que la date et le lieu de leur décès. Mais, en 1941, cette plaque, gravée en français pour des soldats qui avaient pourtant porté l’uniforme allemand, ne plaisait pas aux nouvelles autorités du parti national-socialiste. Dans le cadre de la germanisation de l’Alsace et de la suppression de tout ce qui rappelait la France, la plaque a dû être enlevée. Elle fut remise en place après la Libération, avec une inscription simplifiée qui unit dans le souvenir les victimes des deux guerres mondiales. En 1956, le monument a été transféré sur la place de l’Église.

Le monument aux morts de Stutzheim

monument aux morts stutzheimAprès leur retour au village, les anciens combattants de la guerre 1914-1918 ont, tout simplement, repris leur vie de travail et leurs anciennes habitudes, sans pourtant oublier de rendre grâce pour avoir échappé au grand massacre. Parmi ces rescapés, on comptait les sept frères Jost, mobilisés durant ces années de guerre et revenus sains et saufs. En signe de gratitude, la famille Jost a fait don à l’église d’un grand crucifix qui fut suspendu sous l’arc du choeur. Cette croix existe toujours ; par mesure de sécurité, elle a été déplacée et accrochée sur le mur de la nef, côté droit. Le curé Paille avait, pour Stutzheim, le même projet que pour son annexe d’Offenheim. Il proposa au maire Arthur Quirin une statue de Jeanne d’Arc, celle qui a sauvé la France. Le maire ne donna aucune suite à cette demande. Dans sa séance du 7 janvier 1923, le conseil municipal de Stutzheim vota un crédit de 3 000 francs, à titre d’acompte pour un futur monument que la commune s’engageait à faire réaliser. Les conseillers décidèrent en outre d’organiser une collecte chez les habitants. En 1937, avec le soutien du maire Michel Muller et de son adjoint François Ulrich, un petit groupe de conseillers municipaux composé de Michel Wurm (père), Antoine Jost et Léon Seemann, tous anciens combattants de la Grande Guerre, décida de remettre la question à l’ordre du jour. On se souvint que, dès 1921, le curé Paille avait ramené de Lourdes une grande statue de la Vierge, financée par les anciens combattants du village. L’idée fit donc son chemin vers la construction, à côté de l’église, sur le terrain communal de l’ancien cimetière, d’une Grotte de Lourdes qui servirait à la fois de Monument aux morts et de lieu de prière pour implorer Notre-Dame, afin qu’elle protège le village et préserve le pays d’une nouvelle grande guerre comme celle de 1914-1918. Ceux qui savaient ce qui se préparait de l’autre côté du Rhin craignaient déjà le pire, et les événements allaient malheureusement leur donner raison. L’inauguration officielle, eut lieu le 8 décembre 1938. Sur le devant de la grotte était fixée une plaque commémorative avec les noms des victimes de la guerre 1914-1918. En 1941, sur ordre des autorités allemandes, la plaque fut démontée et poncée pour faire disparaître l’inscription française. Une nouvelle inscription allemande fut gravée dans la plaque avec un dessin de la croix de fer avec palme. Après le retour à la France, la plaque allemande fut enlevée à son tour. Une nouvelle plaque a été inaugurée le 11 novembre 1953 en présence du président Alphonse Pfister de Truchtersheim. Un repas fut offert aux personnalités au restaurant À la Gare, rue du Moulin, chez Charles Hartz.

 

Parcours patrimonial de Stutzheim-Offenheim

La municipalité, avec l’aide du comité consultatif culture, a conçu un parcours patrimonial en 24 étapes à travers la commune.

Un dépliant de présentation du parcours patrimonial, étudié et imprimé par des étudiants du lycée Gutenberg à Illkirch-Graffenstaden, dans le cadre d’un projet pédagogique, est disponible en mairie.

24 supports en tôle pliée ont été installés tout au long du parcours. Réalisés dans le cadre d‘exercices pédagogiques par des élèves du lycée professionnel Louis Marchal à Molsheim, ils accueillent des plaques émaillées sur lesquelles figurent des informations historiques et culturelles souvent quadrilingues, français, allemand, anglais et alsacien...

En savoir plus

 

Les oeuvres d'art

Depuis sept ans, la commune s’enrichit chaque année d’une oeuvre d’art, obtenue par don, par leg ou par mécénat d’entreprises.

Cette année, ce sont deux oeuvres de l’artiste alsacien Denis Roth, que la commune vient de recevoir en prêt à durée indéterminée, qui ont pris place dans les locaux de la mairie.

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« Par son propre poids », en marbre rouge de Vérone. Sculptée comme s’il s’agissait d’une planche cintrée brisée par son propre poids, l’artiste a taillé la pierre avec grande finesse, simulant des fibres de bois. Cette oeuvre est suspendue par un câble en cuivre à un gros clou en laiton forgé par l’artiste.

« Unis », en marbre rouge du Languedoc, qui sera posée sur un socle hexagonal en marbre d’Alicante. Composée d’une seule pièce dont une partie taillée et une autre polie en forme en ruban.

Tradition : les crécelles de Pâques

Les cloches des églises catholiques s’envolent vers Rome, le Jeudi Saint, après la Sainte Cène. Les enfants remplacent les cloches absentes par des crécelles le Vendredi Saint et le samedi avant Pâques.

La passion des cloches

Professeur d’allemand dans un lycée de Strasbourg, Michel Riff profite de ses vacances pour découvrir et faire connaître les églises d’Alsace, avec un regard tout particulier sur le peuple des clochers.